01 février 2011

Enfumage climatique

«Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie sans la connaître évidemment être telle», c’est-à-dire l’avoir vérifiée soi-même, écrivait René Descartes dans son Discours sur la Méthode. C’est la démarche que revendique Christian Gerondeau dans son dernier bouquin « CO², un mythe planétaire », préfacé par VGE, dont ce polytechnicien fut le délégué interministeriel à la sécurité routière de 1971 à 1981.

La base du raisonnement de Gerondeau consiste à rappeler que les réserves terrestres d’énergies fossiles, qui génèrent l’essentiel des émissions de CO², ne sont pas infinies, et qu’elles seront consommées intégralement, quoi qu’il arrive, probablement avant la fin de ce siècle. En effet, elles resteront indispensables dans les prochaines décennies au développement des pays pauvres, au transport des marchandises etc. Et quel que soit le prix que nous y mettrons, nous ne pourrons agir qu'à la marge sur cette consommation, donc sur les émissions de CO², retardant au mieux de quelques années l’inévitable échéance de la combustion totale des réserves d'énergies fossiles. Sachant que le CO² émis persiste dans l’atmosphère pendant au moins deux siècles, le stock atmosphérique maximal de CO² est donc écrit à l’avance : il doublera par rapport à son niveau actuel, ce n’est qu’une question de temps.

De fait, personne ne parle aujourd’hui de réduire la production de pétrole (au contraire) et la Chine construit une centrale électrique au charbon par semaine. « Nous avons besoin du charbon pour nous développer. Nous sommes conscients du problème et préoccupés par les risques, mais nous n’avons pas le choix », a déclaré en 2007 le directeur de la météo chinoise à l’International Herald Tribune. La Chine émet à elle seule près du quart du CO² mondial.

Mesurons maintenant l’impact du prétentieux « Grenelle de l’environnement » sur le stock atmosphérique de CO² à la fin du siècle, au moyen de la réduction d'un cinquième du petit 1% que pèsent les émissions françaises dans les rejets mondiaux de gaz carbonique, et ce au prix de dizaines de milliards d'euros !

Certes, il est souhaitable de montrer l’exemple, mais la France est d’ores et déjà vertueuse dans ce domaine, grâce à ses centrales nucléaires et ses automobiles peu gourmandes : nous n'émettons que 6 tonnes de CO² par habitant et par an, contre 10 dans les autres pays d'Europe et 20 aux Etats-Unis. Aussi pourrions-nous nous dispenser de financer des chimères ruineuses (comme la subvention d’éoliennes qui ne produisent qu’un peu d’électricité quelques heures par jour, lorsque le vent souffle à la bonne vitesse, et défigurent nos paysages à plein temps), qui généreront surtout de nouveaux impôts, au détriment de notre pouvoir d’achat, de la compétitivité de nos entreprises et du financement de la lutte contre les vrais fléaux mondiaux que sont la famine et les épidémies.

Et le climat dans tout ça ? Il change... comme depuis toujours. Oui, la température moyenne du globe a augmenté depuis 150 ans. De 0,7 °, ce qui fait doucement rigoler lorsque l’on songe qu’au Moyen-Age les Vikings cultivaient le blé au Groenland (« Green Land ») et que sous Louis XIV (le Roi Soleil !) on traversait la Seine gelée à pied sec en hiver. Par ailleurs, alors que l’on assiste à une augmentation régulière de la teneur atmosphérique en CO² depuis la révolution industrielle, liée à l’utilisation des carburants fossiles, la courbe des températures a connu des périodes de hausse (1910-1945, 1978-2000), mais également de baisse (1945-1978 - certains se souviennent peut-être que l’on prédisait un nouvel âge glaciaire dans les années 70 ?). Et la tendance est incertaine depuis 10 ans. Faut-il tout mettre sur le dos du CO², sachant qu'il ne représente que 0,038% de l'atmosphère et que le principal gaz à effet de serre est… la vapeur d’eau ? Ne faut-il pas chercher d'autres coupables, notamment dans l’espace, comme Science & Vie qui titrait en décembre dernier sur « Le Soleil en panne » en se demandant s’il n’allait pas en résulter un refroidissement ?

Mais alors pourquoi diable nos brillants énarques ne se posent-ils pas toutes ces questions, lorsqu’ils n’hallucinent pas carrément en direct, comme ce pauvre Michel Rocard sur les ondes France Inter le 24 mars 2010 : « On ne va tout de même pas laisser la planète devenir doucement une poêle à frire dans laquelle la vie deviendra impossible », ajoutant que l’on parlera de l’abandon de sa funeste taxe carbone comme d’un «crime contre l'humanité », pas moins !

C’est là qu’il faut nous intéresser de plus près au GIEC, improprement traduit de l’anglais par « groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » (alors que l’intitulé original est « intergovernemental panel on climate change», IPCC, sans mention d’expertise). C’est que le GIEC ne regoupe pas, comme on nous l’assène, 2.500 scientifiques indépendants, mais des représentants nommés par les gouvernements des pays membres parmi lesquels, certes, des experts mais également des fonctionnaires et des militants écologistes). D’autre part, sa mission n’est pas de se pencher librement sur le climat, mais d’« évaluer les informations relatives à la compréhension (…) du changement climatique d’origine humaine. » Les conclusions sont déjà inscrites dans la lettre de mission !

De leurs travaux, le public ne connaît que le « résumé à l’attention des décideurs » dont chaque mot est pesé et mis aux voix (« improbable », « peu probable », « probable » - on imagine ce que ce genre de méthode aurait donné en matière d'astronomie du temps de Galilée ou d’existence du Diable au Moyen-Age), et où les opinions divergentes n’ont pas voix au chapitre (comme s’en désolait feu Marcel Leroux, un des plus grands climatologues français). De fait, les scientifiques « climatosceptiques » se comptent par milliers de par le monde.

Dernière singularité, le GIEC ne trouve que des conséquences négatives au réchauffement (qu’en pensent les Lapons ?), comme celles induites par une élévation du niveau des océans de… 30 cm en un siècle (une marée, c’est combien ?). Mais comme disait son ancien président, l’illuminé John Houghton : « Si nous n’annonçons pas des désastres, personne ne nous écoutera ».

Il faut enfin se poser la rituelle question : à qui profite le crime. Aux dealers d’éoliennes et autres gadgets "verts" ? Aux spéculateurs qui salivent d'avance sur le nouveau marché des « droits à émission de CO² » ? Aux obsédés d'un « gouvernement mondial » dont le GIEC serait un embryon parmi d’autres ? Aux bras cassés qui trouvent l’occasion de se mettre en valeur ?

Laissons le dernier mot à ce climatologue de l’université d’East Anglia (faculté fétiche du GIEC, par ailleurs au centre du « climategate »), qui prophétisait en mars 2000 la disparition prochaine de la neige en Albion : « within a few years winter snowfall will become "a very rare and exciting event" (...) Children just aren't going to know what snow is».

Comme on dit là-bas : no comment.

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Commentaires

J'ai rattrapé mon retard! Je viens de te faire de la pub via fessebouc pour que le peuple lise enfin des choses censées.

Écrit par : Mar Mott | 04 février 2011

Les arguments des deux camps sont soutenables, à l'exception du délire complotiste qu'on retrouve comme un serpent de mer de l'histoire et à tout propos. Il faudrait être expert pour juger de tout. Ceci dit, le nucléaire aussi dégage de la chaleur, c'est même le principe de base, et les fûts de déchets qui ont été balancés un peu partout pendant longtemps ne sont certainement pas à toute épreuve... L'avenir est obéré pour très longtemps.
Je suis personnellement bien plus inquiet d'un épuisement des ressources et de la dissémination de déchets de toute nature sur terre et en mer que d'un éventuel réchauffement d'un ou deux degrés. J'ai eu connaissance des thèses de glaciation popularisé par "Science et Vie" dans les années 70... En ce temps là on parlait aussi de pluies acides, de couche d'ozone...

Autant de problèmes qui sont passés à la trappe.
La dissémination des déchets de toute nature en particulier necessiterait une prise de conscience globale, et ce n'est pas les mesurette de pseudo-recyclage qui entrave beaucoup la chose. Je sais de quoi je parle : je suis acteur de terrain dans le domaine à mon échelle, petite mais suffisante pour saisir toute l'ampleur et la gravité du problème.

Je pourrai parler de beaucoup d'autres choses dans le domaine mais ce serait un vrai roman.
Il faudrait tout de même expliquer la fonte des glaces... J'ai mon idée, mais bon... j'en parlerais sans doute ailleurs.
Bonne soirée

Écrit par : Mikael | 04 février 2011

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